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Ronda BAUTISTA

Née en 1984, à Talavera de la Reina (Espagne), elle vit et travaille depuis 2011 à Cracovie, ville qu’elle connaissait déjà pour y avoir effectué en 2005 un échange universitaire dans le cadre d’une bourse Erasmus. Diplômée de l’école des Beaux-Arts de Cuenca (UCLM, Espagne), elle a entamé un doctorat aux Beaux-Arts à Pontevedra, en Galice.

Les peintures figuratives de Ronda Bautista représentent des choses simples, découvertes au hasard de ses déplacements, ou provenant de son proche environnement. Sur des fonds lisses, monochromes et non réalistes, elle installe des motifs dessinés à partir de lignes fines, agrémentés de couleurs lumineuses, vives ou plus douces. L’être humain est toujours absent de ses œuvres.

Bautista repère dans l’univers urbain des détails, des éléments de mobilier, des objets abandonnés… Elle photographie d’abord ces petits fragments du quotidien qui retiennent son attention, avant de les peindre dans un second temps. Ses tableaux, généralement de petits formats, mettent en scène des protagonistes plutôt insolites tels que des chaises délaissées, des sceaux en plastique, des plantes dénichées çà et là, ou encore des jardinières relevant de l’espace public. Les objets qu’elle reproduit sur la toile sont parfaitement identifiables mais subissent une stylisation picturale qui les isole de tout réalisme.

Œuvre présentée dans la Salle n°9  (Dans le sillage de Barbizon et vers l’Ailleurs) du Musée de Beaux-Arts  de Limoges dans le cadre de l’exposition Au fil des toiles où Ronda Bautista présente trois œuvres.  Manta (« couverture ») appartient à la série Histoires de la piscine. Ces images correspondent à des scènes auxquelles elle a assisté aux abords d’une piscine en Hongrie, lors d’une résidence d’artiste. Entre ordre et chaos, ces scènes l’ont interpellée par leur caractère énigmatique, leur délicatesse et leurs couleurs vives.

Ronda Bautista s’emploie dans un premier temps à déployer une couverture, avant de la rouler en boule, l’inscrivant à chaque fois dans un « non paysage », bien que prise sur le vif d’une scène d’extérieur. Posant ses teintes élémentaires en aplats, directes, l’artiste impose une manière qui contraste fondamentalement avec les techniques picturales présentées dans cette salle du parcours, célébrant notamment les peintres rattachés à « l’École de Barbizon ».

Pourtant, le goût du plein-air est assurément partagé par les paysagistes d’autrefois comme par Bautista. Tant et si bien que s’enchevêtrent ici les sensations physiques produites sur le spectateur à la vue de ces interprétations paysagères, ou de ce qu’il en reste, fussent-elles du 19ème ou du 21ème siècle.

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